LES ATELIERS DES TAILLEURS DE PIERRE

Dans la mesure où l'Allemagne étendait la guerre, les camps de concentration étaient considérés d'avantage être un potentiel de main-d'œuvre bon marché. Les nouveaux camps de concentration (de la deuxième génération) devaient être mieux adaptés aux affaires, régions… qui revêtaient un caractère économique important pour l'industrie ou pour l'Allemagne.

C'est également dans cette optique que Flossenbürg a été choisi pour y ériger un camp de concentration. Flossenbürg était situé dans une région à faible population où se trouvaient des carrières de granit. Celles-ci étaient essentielles à la réalisation d'importants projets de construction des nazis. Flossenbürg était en outre situé à la fin d'une ligne ferroviaire qui permettait de transporter les matériaux extraits et les prisonniers pratiquement sans se faire remarquer.

Suite à la nouvelle devise du chef de la SS, Himmler : « Vernichtung durch Arbeit » (extermination par le travail), les prisonniers des camps de concentration étaient considérés être une matière première bon marché. Leur vie ne valait finalement rien du tout et ne devait être que temporairement utile au Reich. Ainsi, les carrières de Flossenbürg étaient mises entre les mains de l'organisation SS de la DESt Deutsche Erd- und Steinwerke.

Au début (jusqu'en 1942), les prisonniers étaient mis au travail dans les carrières. Une mission dangereuse. Celui qui ne travaillait pas, qui levait les yeux ou qui ne travaillait pas vite assez recevait des coups à l'aide de la matraque ou d'un bâton. De gros blocs de granit étaient tirés en avant sur des troncs d'arbre (rouleaux), parfois même par 50 hommes. Celui qui tombait pouvait se retrouver sous le bloc en granit ou sous les troncs d'arbre. On ne tirait jamais fort assez et on battait et on criait donc d'avantage.

La ration consistait en un café d'eau ou une soupe d'eau, parfois un morceau de pain. Les blocs trop gros étaient fendus à l'aide d'un marteau et d'une cale. C'était plus que difficile. On ne pouvait pas endurer longtemps le travail dans une carrière. Lorsqu'on entendait le signal du sifflet, tout le monde devait se mettre « en sécurité ». On faisait éclater des parties de la montagne de granit à l'aide de la dynamite (on obtenait ainsi toujours de nouveau des matériaux à travailler). Les gardes faisaient que tout le monde se mettait le plus vite possible à l'abri dans la maisonnette en bois. La recette : des coups, des jurons, des hurlements et des coups de pied ! Celui qui tombait et ne savait pas se relever vite assez ou celui qui était le dernier avait beaucoup de chance lorsqu'il pouvait encore le raconter par la suite.

Les couches de granit étaient séparées par un gros sable (filons de sable). Celui-ci était également exploité. Le sable était sorti à l'aide de longs couloirs qui entraient profondément dans la montagne de granit. Les prisonniers se trouvaient, pelle à la main, dans une longue file jusqu'à la fin du couloir. Le sable était jeté de pelle en pelle jusqu'à ce qu'il soit à l'extérieur. Ce travail n'était pas non plus sans danger puisque les couloirs n'étaient pas contreboutés…

Lorsque le travail quotidien était fait, les prisonniers retournaient vers le camp en emportant les prisonniers morts dans les récipients en bois dans lesquels on avait amené le « Frühstück » (déjeuner - beau mot, mais littéralement sans contenu) le matin.

Après la construction de la division Messerschmitt, uniquement les « non qualifiés » étaient encore mis au travail dans la carrière. Les non qualifiés étaient des gens qui n'avaient encore jamais effectué du travail manuel dans une profession spécifique dans leur vie habituelle. Les autres prisonniers ne se retrouvaient plus dans la carrière que lorsque la division Messerschmitt manquait de matières premières.

Les grands blocs de granit étaient ensuite acheminés vers les ateliers à l'aide de charrettes ou de chevalets en bois ou encore sur des roulettes en bois. Ils y étaient façonnés par de vrais tailleurs de pierre de la région et parfois aussi par quelques prisonniers. Lorsque les pierres étaient prêtes, il fallait les transporter à la gare « à proximité ».

Toutes les commandes et livraisons étaient gérées par l'administration logée dans le bâtiment de la DESt (entouré sur la photo).

 

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