LA BLANCHISSERIE / LA DOUCHE DES PRISONNIERS

Au début de l'existence du camp de concentration de Flossenbürg, la cuisine, la blanchisserie et la maison des arrêts étaient quelques uns des rares bâtiments érigés en pierre. Dans les caves de la blanchisserie se trouvait le bain des prisonniers. Les prisonniers n'étaient que sporadiquement admis au local de douche. S'il fallait bien prendre « un bain » vers la fin de la guerre, c'était souvent sous la devise « épouillage ».

Les prisonniers y étaient menés à l'aide de coups, de hurlements et de jurons. Ils devaient remettre leur habits de camp à l'entrée pour ensuite être envoyés, poussés ou battus totalement nus jusqu'en dessous des douches.

Celui qui s'écartait d'un bond des jets d'eau (durs) y était ramené à l'aide de coups de cravache ou d'un arrosage à l'aide d'une lance d'incendie. Les gens très affaiblies ou plus âgés mourraient souvent sur place et flottaient dans l'eau.

Après ce « tour de bain », les prisonniers recevaient leurs habits de camp de retour. (Leurs habits avaient été nettoyés à la vapeur dans une autre partie du bâtiment pendant leur douche. On essayait ainsi d'épouiller leurs habits. Les prisonniers étaient obligés, avant la procédure, de mettre leurs habits l'un sur l'autre, de les enrouler et de les fixer fermement avec leur ceinture. Leur numéro devait se trouver sur la face extérieure. Par après, ils devaient alors rapidement saisir leur « paquet » parce qu'ils recevaient toujours des coups lorsqu'ils traînaient.) Ils étaient ensuite chassés (battus) à l'extérieur. Sans égard au temps qu'il faisait, il fallait se rhabiller à l'extérieur. Ils mettaient vite leurs habits en courant vers leur baraque sous les coups et les jurons des KAPOs qui les accompagnaient.

Vers la fin de la guerre, tous les nouveaux arrivés devaient également « passer » « le bain ». Tous les biens propres (habits, bagues, chaînettes, …) devaient y être remis. Tous les cheveux du corps y étaient enlevés à l'aide d'un rasoir souvent émoussé. Ensuite, ils étaient chassés en dessous des douches où on faisait circuler alternativement de l'eau chaude et de l'eau froide à travers les douches. Ils y recevaient alors finalement leurs habits de camp et leur numéro (qu'ils devaient coudre eux-mêmes). Les prisonniers étaient ainsi volés de leur dernier reste de condition humaine et les gardiens SS et les KAPOs démontraient ainsi leur pouvoir absolu sur les prisonniers.

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