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LA CUISINE DES PRISONNIERS La cuisine du camp de concentration était conçue sous forme de « cuisine industrielle » qui devait pouvoir fournir de grandes quantités. Les provisions se trouvaient au rez-de-chaussée. Les quantités de pommes de terre, de feuilles de navettes et de choux ainsi que de pains étaient acheminées à l'aide de charrettes et de chevaux. Le tout était préparé au premier étage. La nourriture préparée était montée à l'aide d'un monte-plats ou d'une échelle large. La soupe, les pommes de terre, le pain et la « viande » étaient versés dans de gros chaudrons de 40 à 50 litres. En lisant les mots « soupe, pommes de terre, pain, viande et café », il faut s'imaginer ceci : on recevait une ration par jour de : 1. soupe : 99% d'eau avec, en bas du chaudron, quelques pommes de terre et feuilles de navettes ou de choux cuits. Lors de la distribution de la soupe, on recevait une seule louche, pas plus ni moins… Lorsque la louche n'était qu'à demi remplie… pas de chance pour vous ! Lorsque le bol tombait à terre, vous n'aviez rien du tout ce jour là (c'était la règle générale) ; 2. pommes de terre : quelques petits morceaux (jusqu'en 1943, par après, elles se trouvaient dans la soupe. En d'autres termes : rien du tout) ; 3. quignon de pain (de la grandeur d'une main, de l'épaisseur d'un poing) : rassis, dur et de mauvais goût ; 4. viande : une fois par semaine un morceau de saucisse de la grandeur du petit doigt (en longueur comme en épaisseur). Les prisonniers recevaient la « ration » leur reconnue régulièrement jusqu'en 1943. La « viande » a par la suite disparu du menu et elle était inexistante à partir de 1944 ; 5 café : une substance d'eau coloriée au goût acide de la chicorée. Un utilisait la même louche que pour la soupe. L'approvisionnement en repas fut longtemps réalisé sur la place d'appel. Il fallait s'y rendre par baraque (bloc). Tout le monde bousculait pour avoir quelque chose. Les premiers 10 à 20 personnes dans la rangée recevaient des coups de cravache ou de bâton puisqu'ils étaient trop « goulus ». Les 10 à 20 derniers recevaient également des coups puisqu'ils étaient trop lents. Lorsqu'on bousculait, la rangée était dispersée à coups de bâton et on devait recommencer. Vers la fin de la guerre, il n'était plus possible de procéder à l'approvisionnement sur la place d'appel à cause du surpeuplement. L'approvisionnement se faisait depuis lors devant la baraque. Deux prisonniers devaient aller chercher un chaudron à la cuisine et le porter le plus vite possible vers leur baraque. Cela ne se faisait bien évidemment jamais « vite assez ». On utilisait le jeu bien connu afin d'agacer les prisonniers : jurons, coups et hurlements. Lorsque les porteurs du chaudron tombaient, il n'y avait plus assez pour chacun dans la baraque. Quelques unes des baraques se trouvaient en haut de la colline. Cela impliquait dès lors qu'il fallait monter les marches en granit en courant. Il y avait alors tout un paquet de gens affamés qui attendaient quelque chose de chaud. Il se faisait souvent que le chaudron était renversé parce qu'on se bousculait… C'était également des prisonniers qui travaillaient à la cuisine. Ils se trouvaient également sous la surveillance de KAPOs. | |||||||
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