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LES MARCHES DE LA MORT Lorsque la ligne du front s'approchait et de moins en moins de terrain était encore contrôlé par les Allemands, les camps de concentration qui risquaient d'être libérés étaient systématiquement évacués. Les prisonniers étaient évacués en train ou à pied vers d'autres lieux encore occupés. Le régime nazi tentait de la manière de cacher ou de minimiser ses crimes contre l'humanité. Ainsi, le camp de concentration de Flossenbürg fut également évacué. Les premières colonnes de prisonniers qui partaient étaient des prisonniers de guerre russes et des prisonniers juifs. Tous les prisonniers de guerre ont été retrouvés assassinés par la suite. D'autres colonnes suivaient plus tard. On se rassemblait sur la place d'appel et recevait un autre numéro, rouge cette fois-ci. Celui qui recevait un numéro rouge était voué à la mort (les prisonniers ne s'en rendaient pas compte). Chaque colonne qui partait empruntait finalement une autre direction, selon le mouvement du front qui approchait. Une fois la colonne en mouvement, l'enfer commençait pour les prisonniers. Ils devaient avancer à une vitesse infernale. Bon nombre d'eux était déjà épuisé par la sous-alimentation, par les mauvais traitements… Ils recevaient comme ration de voyage 2 à 3 pommes de terre crues et un morceau de pain. Il n'y avait pas de repos. Celui qui tombait ou qui se mettait à côté pour se reposer un peu et qui ne pouvait pas reprendre la marche à temps était tué par une balle dans la nuque. Les prisonniers voyaient que d'autres tentaient de suivre la colonne en rampant, telle était leur volonté de survivre. Hélas, rien ne pouvait les aider ! Celui qui se faisait rattraper par les derniers gardes était tué sans pitié. A l'occasion de certaines colonnes, on ensevelissait hâtivement les prisonniers tués. On évitait autant que possible les villages et les contournait largement. Lorsqu'on ne pouvait pas les contourner, on faisait courir la colonne un bout devant le village. Les plus faibles ne savaient plus suivre et on les tuait. Ainsi, on n'avait pas de cadavres dans le village qu'on aurait dû y abandonner en tant que témoins fâcheux. Une fois qu'on était entré dans le village, les villageois ne pouvaient pas sortir ni donner quelque chose aux prisonniers. On leur faisait toujours savoir d'avance que la colonne de prisonniers qui allait passer était constituée de criminels lourds. Celui qui ne respectait pas l'interdiction risquait gros. On marchait jusque tard le soir. On choisissait alors des prairies pour dormir. Même le sommeil était un martyre pour les prisonniers : ceux qui ne savaient pas s'asseoir dos-à-dos à 2 ou à 3 pour dormir risquaient fort de ne plus savoir se relever le lendemain suite à l'affaiblissement et au froid. Lorsque le signal de repartir était donné tôt le matin, beaucoup de prisonniers restaient morts sur place. D'autres y étaient tués à coups de balles dans la nuque. Cet état apocalyptique continuait jusqu'à ce qu'on arrivait dans un autre camp ou jusqu'à ce que plus personne ne vive. Heureusement pour les témoins encore en vie, ils ont été libérés (par la 90ème division d'infanterie américaine). On pouvait aisément retrouver les colonnes en route en suivant les cadavres qui gisaient le long de la route. Une fois libérés, les prisonniers étaient de nouveaux abandonnés à eux-mêmes pendant les premiers jours ou semaines. Beaucoup sont alors morts puisqu'ils ont trop mangé. On rassemblait les cadavres et on forçait alors la population, les jeunes tout comme les vieux, à venir voir les crimes commis par le régime nazi. Plus tard, on obligeait la population locale à donner une dernière demeure à ceux qui étaient morts (assassinés) pendant les marches de la mort. | ||||||||||
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